Night Away [Solo]

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Night Away [Solo]

Message par Rick O'Brien le Dim 2 Avr - 14:19





We Want War by These New Puritans on Grooveshark

Night awayft les documentaires sur Newwell-City


Il est tard, il le conçoit que trop bien - assez tard pour qu'il se réveille de maux de tête mais pas assez pour qu'il soit l'heure du couvre-feu. Enfin, c'est ce qu'il espère.

Rick ouvre les yeux péniblement. Ses coudes, son dos et ses jambes sont endoloris, engourdis par la douloureuse position qu'avait entreprit son corps dans sa sieste prolongée. Il lui faut quelques moments pour reprendre ses esprits. Sa mine est fatiguée, il se sent légèrement lourd, il y est habitué dans une certaine mesure.

-"Newwell-City est un havre de paix..."

Voilà qu'il entend à nouveau cette voix féminine faire l'éloge du semblant utopique qu'est ce programme. De la tromperie, c'est ce que c'est au final, un amas d'illusions, de faire semblant, de prétendre - un mensonge tel qu'on y croirait tellement on y est immergés. Il s'y sent mal comme il devrait - mal comme, drainé d'énergie. Il en veut quelque part au système. Il avait appris entre autre, que si quelconque individu avait une maladie pré-Newwell, ses méfaits sur son corps sont inexistants sur le programme. Cependant, Rick est toujours pris par ces quelques instances où il se sent spécialement fatigué pour rien. Il aimerait, dans son égoïsme, que le programme applique l'effet Placebo et lui assure sa guérison "psychologique" de ses années de traitements contre sa maladie sanguine auto-immune.

Ainsi avait-il décidé de passer l'après-midi, à regarder les documentaires que proposaient le programme. En toute franchise il s'y était attendu, de ne pas trouver des films comme lui ou les autres les connaissaient. Des films de l'extérieur, ce serait bien trop tentant. De plus, il aurait fallu à un moment donner de quoi réapprovisionner la foule de ce met qu'est l'art de la caméra si le but était de les divertir comme il l'entendait, et cela ouvrirait une brèche entre le programme et le monde extérieur.

Cette idée à l'esprit, Rick se dit que ce serait un choix bien trop risqué à prendre - même pour un programme aussi sophistiqué. Pour simplifier, c'est que le programme devrait garder en mémoire des traces de ces échanges avec l'extérieur, s'il y en avait. Ce serait comme dire que cette information se cache à l'intérieur même du programme vu que tout ce qui l'entoure actuellement est un amas de données cachées derrière un voile de réalité virtuelle immersive. Aucun habitant ne devrait y avoir accès par principe. Dans le concret, Rick suppose qu'il doit bien exister un moyen de trouver une faille et de l'exploiter. Quelques endroits de la ville leur sont restreints d'accès, seraient-ils des pistes ?

Niveau communication entre habitants, ça peut aller. Chacun est capable, comme il le souhaite de se procurer un téléphone et échanger son numéro avec d'autres membres de la ville sans n'avoir à payer grand-chose au final. Enfin, tous paient sans le savoir il dirait, en principe. Il pense qu'il est impossible que quoi que ce soit qui passe dans ce programme ne soit pas vérifié par un administrateur ou et des programmeurs et cela inclue les discussions qui se font entre la population de Newwell-City. Donner des moyens de faire du peuple de la ville des acteurs via un système d'échange d'information serait leur donner les moyens de prendre du pouvoir. À les observer ainsi, les membres de la ville ne seraient autre que des animaux en cage dont on filme les moindres faits et gestes sans respect de leur vie privée. Rick reste assis encore un moment, cette idée ne lui plaît pas énormément, tout ce concept non plus. Il aimerait parler au chef de projet de Newwell, lui demander ce qu'il avait derrière la tête en concevant ce programme, il ne pouvait que faire des hypothèses alors qu'il s'allongeait presque contre son dossier. Cependant, cela a très peu de chances d'arriver, il sait.

Rick pense que les créateurs de Newwell-City souhaitent faire de la population en son sein de dociles créatures, passives, qui acceptent ce pour quoi a été créé cet environnement ou au moins, qui la subissent et n'aient rien pour l'affronter, si ce n'est même penser être capables d'avoir de quoi démonter les règles et faire les leurs. Peut-être est-ce pour conditionner ces derniers à respecter les règles ? Les empêcher de créer une autre guerre quand celle-ci sera finie ? Enfin, Rick pense qu'il aura tout le temps de s'abonner à ses réflexions plus tard.

Rick a appris des choses pendant ces nombreuses heures, et n'est pas déçu d'être venu. Sûrement avec de la compagnie qu'il apprécie serait-il venu à nouveau regarder défiler documentaires après documentaires et rire de quelques passages, mais ce sera pour une prochaine fois quand il aura du temps à perdre. Il se lève. Il regarde l'heure. Il remarque qu'il est à quelques minutes du couvre-feu et surtout, loin de son lit. Il ne pourra pas rentrer dans son appartement sans rencontrer Liberty ou recevoir un avertissement, qu'en soit-il.

Il suppose qu'il aurait préféré l'éviter au mieux que possible. Si ça se trouve, il n'aura même pas à la côtoyer, soit - il a à faire il suppose. Il a passé la plupart de sa vie à se dire qu'il était entouré de gens incapables de ressentir quoi que ce soit, de robots, parfois, tellement son entourage cachait leur vulnérabilité à ses yeux. Échanger avec un véritable robot devrait être la même chose que parler aux autres, armé de son estimation brouillonne et biaisée. Il le conçoit différemment en temps réel, et selon la situation, de manière plus ouverte d'esprit qu'en ce moment alors qu'il a encore la tête dans le fion, mais ce n'est pas le sujet de la question.

Rick passe la porte de la salle du cinéma sans un mot, la musique de fond des documentaires encore légèrement bourdonnant à l'oreille. Il longe le mur, descend des escaliers et peut voir le ciel sombre de l'intérieur à travers les vitres. Rick enfile sa veste, qu'il avait jusqu'à lors porté à la main et s'assure de ne rien avoir oublié.

Il remarque qu'il n'a pas mangé, mais estime qu'il peut bien s'en passer au moins une nuit. Il se demande entre autre si s'abreuver lui permettrait de se débarrasser de ses maux de crâne, avant de se souvenir qu'il n'a que du jus d'orange dans son frigo et que c'est un mauvais plan. Normalement, il pourrait utiliser une bouteille vide et remplir de l'eau de robinet. Il repense alors qu'il ouvre la porte pour sortir du programme et sent un vent frais contre son visage, qu'il devrait prendre son temps pour rentrer, après tout, il a toujours du temps à perdre.

© Jawilsia sur Never Utopia

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